AVI MOGRABI : Moi, Nous, Tous

En présence du cinéaste, d’Eugenio Renzi et d’Emmanuel Burdeau
Du 27 février au 1er mars 2014
Edito d’Eugenio Renzi

Depuis longtemps, le cinéaste Avi Mograbi reçoit des propositions pour jouer dans les films d’autres réalisateurs. À ces sollicitations, il répond toujours négativement « afin de préserver mon personnage cinématographique [my cinematic persona] » dit-il. Ce personnage, qui porte également le nom d’Avi Mograbi, apparaît dès son premier long-métrage : Comment j’ai appris à surmonter ma peur et à aimer Ariel Sharon ; et il est présent dans tous ses films, jusqu’au dernier : Dans un jardin je suis entré.

Une des manières d’entrer dans le cinéma de ce réalisateur et artiste israélien est alors de suivre, film après film, les aventures de ce « je » qui, comme celui de Nanni Moretti, dont nous proposons Je suis un autarcique, est plus qu’un simple moi : une personne singulière et plurielle à la fois, mi-fictionnelle, mi-réelle, souvent burlesque, le sujet de l’action et en même temps, l’objet de la réflexion du film.

À partir de Z32, Mograbi met en scène sa véritable personne et, dans le film suivant, il fait le récit de sa famille. Le JE perd son côté fictionnel mais n’est plus seul au centre de la scène ; devant et derrière la caméra, le cinéaste demande à des amis de l’épauler ; au moment où le propos se fait, pour la première fois, réellement privé, il ajoute d’autres JE au sien : celui du musicien Noam Embar, celui du chef opérateur Philippe Bellaïche, celui de l’ami Ali Al-Azhari.

D’abord grâce à la nature fictionnelle, ensuite grâce à la multiplication des points de vue, le JE a toujours joué, dans le cinéma de Mograbi, le rôle d’un miroir qui renvoie l’image d’un sujet pluriel. Image dont ces journées en compagnie d’Avi Mograbi et d’une anthologie de ses films essayeront de retracer l’histoire.

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Développé par
Tony Faria-Fernandes