Ecouter Voir l’Histoire : l’Esprit de résistance

EDITO DE MARIANNE DAUTREY
Du 4 au 7 avril 2014
En présence de Jorge Amat, Gilles Balbastre, Bernard Friot, Raymond Macherel et Guy Scarpetta et en partenariat avec Les Amis du Monde diplomatique

Il y a soixante-dix ans, en 1944, la France n’aurait pu retrouver sa souveraineté si, libérée de l’occupation nazie par les armées anglaise et américaine, une autre armée, une armée de l’ombre, faite de simples citoyens n’avaient également pris les armes pour les seconder. On se souvient bien du combat de ces résistants que l’on a de cesse de célébrer comme des héros de la Nation. Cependant, on oublie manifestement aujourd’hui que leur lutte n’était pas tant militaire que politique. Leur objectif n’était pas seulement de bouter l’ennemi hors du pays mais d’éradiquer toutes les formes de fascisme qui progressaient dans le monde. En 1945, victorieux, ils ont porté leur programme politique jusqu’à sa réalisation, en créant, au sein de l’Etat français, un cadre institutionnel qui donnait à tout citoyen les moyens politiques, juridiques, économiques et culturels de ne subir jamais aucun joug et de n’endurer jamais l’histoire comme une fatalité.

C’est cette action politique que nous vous invitons, non à commémorer, mais à remémorer, à repenser au présent, ensemble, au lieu même où s’élabore la pensée critique, principe de toute liberté et donc de toute émancipation : le cinéma et l’écriture. Les résistants le savaient, qui avaient fait l’une de leur priorité de créer les armes et les outils de l’indépendance des médias et à partir de là, le cinéma. Au fil de l’évocation de livres qui viennent de paraître et d’une programmation de films, qui relaient la parole et les actes de résistants qui le sont restés à vie, au long de débats avec les auteurs qui ont relayé cette parole et ces actes, nous entendrons Stéphane Hessel, Armand Gatti entre autres, et nous verrons combien, en cette affaire, le cinéma et son économie à nouveau en question ont effectivement joué un rôle fondamental qu’ils continuent de jouer aujourd’hui, au même titre que la presse indépendante.
Consultez le programme
Développé par
Tony Faria-Fernandes