CARTOGRAPHIER / DOCUMENTER / DÉPLACER

[...] Souvent en jouant à coups de déplacements et de réinventions, le jeu de la connaissance et du souvenir, mais en cassant cette métrique à coups d’invention (y compris jusqu’au sens délirant du terme), ou ne s’intéressant à la mémoire que du coté de ses lacunes.

Ce à quoi on a assisté devant les films du palestinien Elia Suleiman ou des libanais Khalil Joreige et Joana Hadjithomas *, c’est précisément à la mise en joug des attentes et à la mise en jeu des thématiques devenues trop évidentes. On a assisté au pouvoir du cinéma, de faire et défaire ce manque d’imagination qu’imposent les situations politiques quand elles sont graves.
Un écrivain français goncourtisé nous a récemment rappelé qu’un territoire (aimé, rêvé, revendiqué) inclut forcément une carte. Les films présentés lors de ce cycle nous disent à leur tour que s’il y a carte, il y a forcément déplacement, réinvention. Que s’il y a des frontières, il y a forcément du jeu.

Les frontières (entre les territoires, entre les genres) sont là aussi pour être franchies. Peut-on passer plusieurs frontières à la fois et en même temps ? A eux de nous le dire.

Philippe Azoury

*2nd Cycle de CARTOGRAPHIER / DOCUMENTER / DEPLACER
Joana Hadjithomas et Khalil Joreige du 3 au 5 avril 2012