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In media res [au milieu des choses]

du 15 au 17 mars 2012
EDITO d'Eugenio Renzi

« L’Iliade est-elle compatible avec la presse?? » – demandait Marx dans un passage consacré à l’art des Grundrisse.

Lorsqu’on parle de cinéma, nous sommes tentés à notre tour de poser la question : le temps de production d’un film est-il compatible avec celui d’un twit ? De toute évidence, oui.

Longtemps, le cinéma a vécu dans la peur. C’était l’époque de la pellicule et de la télévision analogique. Le septième art semblait cumuler du retard sur sa cousine. Et la tentation était forte de répondre par une conception identitaire du septième art. Faire de la différence physique, la pellicule contre la bande magnétique, une supériorité esthétique voire morale.

Les années 2000, avec l’uniformisation numérique, ont effacé ce débat réactionnaire.

De Redacted (De Palma) à Film Socialisme (Godard) en passant par Comment j’ai appris à surmonter ma peur et à aimer Ariel Sharon (Mograbi), le « cinéma » a montré un autre visage. Qui n’est pas celui d’un support. Ni celui d’un certain mode d’enregistrement ou de projection. Il s’agit d’un regard. Rien ne caractérise davantage l’identité du cinéma récent que sa curiosité vis-à-vis des autres images. Avec la gourmandise que le photographe d’Hitchcock mettait à regarder ses voisins, Brian De Palma observe les nouveaux films circulant sur internet. Et Pierre Carles a montré dans son œuvre que le cinéma offre un terrain à l’abri de la pensée des médias dominants et de leurs modes de productions. Dans les deux cas, le cinéma recommence à zéro. Car ce qui le définit est de ne pas avoir un format imposé.

Qu’est ce que le cinéma In media res sinon celui qui, à chaque époque, sait se replacer au fond de la hiérarchie des médias, et de là observer les autres ?

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Tony Faria-Fernandes