Retour vers l’édito de la programmation

Rome plutôt que vous

de Tariq Teguia (France/Algérie, 2006, 1h51)
Mercredi 7 novembre 2012 à 20h
suivi d’un débat avec Tariq Teguia – animé par Philippe Azoury, journaliste

L’Algérie depuis 10 ans vit une guerre qui a causé plus de 100 000 morts, une guerre qui ne dit pas son nom. Dans Alger encore désolée par la guerre, Tariq Teguia met en scène Zina et Kamel qui arpentent encore une fois leur ville avant de (peut-être ?) la quitter. « Road movie en vase clos, lente dérive étirée à l’échelle d’une ville et de sa périphérie », le film met en scène l’Alger d’aujourd’hui (même si l’action se passe dans les années 90), l’ennui profond, la désespérance, qui imprègnent les lieux et les gens et auxquels tentent d’échapper, les deux jeunes amants. Alger, plus grise que blanche, n’a jamais été aussi belle et vraie au cinéma.

« Comment filmer une guerre qui prétend à la discrétion ? En filmant le ténu, c’est à dire en filmant moins ce qui se joue derrière le mur, mais le mur lui-même. […] non, toutes les filles ne baissent pas les yeux dans la rue, oui, beaucoup de jeunes algérois veulent fuir ! Pas seulement pour des raisons matérielles -travail, logement- mais par refus, même inconscient, d’une société de l’enfermement » (Tariq Teguia)

Développé par
Tony Faria-Fernandes